Il travaille, mais ses notes ne suivent pas : que faire ?

Votre enfant passe des heures sur ses cours et le bulletin ne le reflète pas. Le problème vient rarement de la quantité de travail.

Votre enfant s'installe à son bureau. Il y reste une heure, parfois davantage. Il relit sa leçon, refait quelques exercices, révise sérieusement la veille du contrôle. Et la note qui revient ne ressemble en rien à l'effort fourni. Il a travaillé, mais ça n'a rien changé.

C'est l'une des situations les plus décourageantes qu'un élève puisse traverser. Quand on ne travaille pas, la logique des mauvaises notes est claire, la solution aussi. Quand on travaille et que les notes baissent quand même, la conclusion que l'élève tire tout seul est beaucoup plus dure : « je ne suis pas fait pour l'école ». Certains commencent alors à lâcher parce que l'effort leur semble sans effet.

Prenons donc la situation au sérieux. Si votre enfant travaille vraiment, le problème est presque toujours identifiable.

Pourquoi travailler davantage ne suffit pas

Il y a une différence importante entre le temps passé devant un cours et le travail qui produit des apprentissages. On peut rester quarante minutes sur deux pages d'histoire sans que rien ne se fixe. A l'inverse, on peut retenir davantage en quinze minutes menées différemment.

La mémoire se construit davantage quand on va chercher une information plutôt que quand on la voit passer. Relire un chapitre plusieurs fois crée une familiarité trompeuse. Les mots deviennent reconnaissables, l'élève se dit « c'est bon, je connais », et ferme son classeur avec une confiance sincère. Le jour du contrôle, la feuille reste blanche car connaitre et reconnaître sont deux choses tout à fait différentes.

C'est pour cela qu'ajouter des heures au même travail ne change souvent rien, ou peut même aggraver les choses. L'élève se fatigue, se décourage, et se convainc qu'il n'y arrivera pas.

Les quatre causes les plus fréquentes

Une méthode de travail passive

C'est de loin la plus répandue, et la plus difficile à repérer, parce qu'elle ressemble à du travail sérieux. Relire, surligner, recopier proprement le cours sont des gestes qui occupent le temps et donnent le sentiment d'avancer, mais qui demandent très peu au cerveau. Apprendre une leçon suppose au contraire de fermer le cahier et d'essayer de la retrouver, c'est à dire de faire l'effort, un peu inconfortable, de chercher.

C'est le cas de figure que traite tout notre guide de la méthode de travail au collège. Le geste qui change le plus de choses y est décrit en détail sur la page consacrée à la façon d'apprendre une leçon, fermer le cahier et tenter de restituer plutôt que relire.

Des lacunes anciennes non comblées

Certaines matières sont cumulatives. En mathématiques, un élève qui n'a jamais consolidé le calcul fractionnaire ou la manipulation des puissances va buter sur chaque nouveau chapitre, quel que soit son travail sur ce chapitre. En langues, un vocabulaire trop mince ou des temps mal fixés produisent le même blocage. L'élève travaille le programme du moment, mais l'obstacle est situé un ou deux ans en arrière. C'est un cas fréquent au collège, et il explique souvent une chute des notes en 4e ou en 3e, quand le rythme s'accélère et que le niveau s'élève.

Un travail mal ciblé

Beaucoup d'élèves révisent d'abord ce qu'ils maîtrisent déjà. C'est rassurant et ça donne l'impression d'une séance réussie. Le chapitre difficile, lui, est reporté au lendemain, puis à la veille du contrôle, puis abandonné faute de temps. Ce sont des heures de révision bien réelles, mais concentrées sur la partie du programme qui posait le moins de problèmes.

Les conditions d'évaluation

Parfois, les connaissances sont là et ne se transforment pas en points. L'élève lit la consigne trop vite et répond à côté, passe trente minutes sur le premier exercice et bâcle les trois suivants, ou se bloque sous l'effet du stress. Au lycée, la gestion du temps devient un facteur à part entière. Les chutes des notes en première viennent assez souvent d'un format d'épreuve plus long et plus exigeant, plutôt que d'un effondrement des connaissances.

Comment savoir laquelle vous concerne

Deux sources d'information peuvent vous permettre de dresser un diagnostic : ce que votre enfant vous dit, et ce que ses copies montrent.

Posez-lui calmement quelques questions d'observation :

  • « Concrètement, quand tu révises, tu fais quoi ? ». Ecoutez les verbes. S'ils sont « je relis », « je surligne », « je recopie », vous tenez une piste.
  • « Comment tu sais que tu sais ? ». Beaucoup d'élèves n'ont aucune réponse à cette question. C'est justement le problème.
  • « Tu as commencé à réviser quand ? ». La veille au soir est un signal fréquent, même chez les élèves travailleurs.
  • « Pendant le contrôle, tu as manqué de temps, ou tu ne savais pas ? ». La réponse oriente immédiatement le diagnostic.

Puis reprenez ses trois derniers contrôles, y compris ceux qui traînent au fond du sac. Regardez où les points sont perdus, au delà de la note. Des questions de cours ratées et des exercices réussis : la leçon n'est pas apprise. Des exercices ratés et un cours su : c'est l'application qui manque. Des fins de copie vides ou bâclées : c'est le temps. Des réponses justes mais hors sujet : ce sont les consignes. Des erreurs qui portent toujours sur les mêmes outils de base : ce sont les lacunes anciennes. Les annotations du professeur, trop souvent survolées, disent beaucoup de tout ceci.

Ce que vous pouvez faire dès cette semaine

1. Instaurer la restitution à livre fermé. Après une séance de révision, demandez-lui de fermer le cahier et d'écrire sur une feuille blanche tout ce dont il se souvient, sans consulter son cours. Puis de comparer avec le cours et de surligner ce qui manquait ou ce qui était inexact. Ceci prend dix minutes. C'est inconfortable au début, et c'est précisément le signe que ça travaille. Ce seul changement transforme souvent une révision passive en révision efficace.

2. Faire le tri des copies ensemble. Une fois, une demi-heure, sans reproche. L'objectif n'est pas de commenter les notes mais de classer les points perdus par cause. Voir apparaître une cause dominante est souvent un soulagement pour l'élève car le problème devient plus concret pour lui, et donc potentiellement réparable.

3. Étaler et inverser l'ordre des révisions. Trois séances courtes réparties sur la semaine valent mieux qu'une longue veille de contrôle. Une règle doit prévaloir : commencer par ce qu'on ne maitrise pas (bien). Demandez-lui de repérer les deux points qu'il redoute le plus, et de leur consacrer le début de la séance, quand son attention est au plus haut.

Ces trois actions ne demandent aucune compétence disciplinaire particulière, et suffisent parfois à débloquer la situation, au moins en partie.

Quand une aide extérieure devient utile

Elle le devient dans quelques cas assez nets.

Quand la cause est une lacune ancienne : combler un manque de 5e tout en suivant le programme de 3e demande un diagnostic et un plan de travail que vous ne pouvez souvent pas construire seul en tant que parent. Quand vous avez essayé de changer sa méthode et que votre aide tourne au conflit. Quand la baisse dure depuis plusieurs bulletins et que l'élève commence à se décrire comme « nul » dans une matière.

À l'inverse, si votre enfant a compris ce qui n'allait pas et que les copies bougent déjà, laissez-lui le temps de consolider seul. Et si le refus vient de lui, nous avons consacré une page à la manière d'en parler : votre ado refuse d'être aidé.

L'accompagnement Méthode Aristote

Méthode Aristote accompagne des élèves de la 6e à la terminale, entièrement en visioconférence.

Chaque semaine, votre enfant a une heure de cours avec un tuteur attitré, le même d'une semaine sur l'autre (ce qui permet de suivre un fil plutôt que de repartir de zéro) et une heure de séance supervisée, pendant laquelle il avance sur son plan de travail. C'est souvent cette seconde heure qui compte le plus car c'est pendant ce temps que la méthode devient une habitude. Entre les séances, des activités en autonomie restent accessibles en permanence.

Tout commence par un bilan initial, qui sert précisément à identifier laquelle des causes évoquées plus haut est en jeu. Le démarrage intervient sous sept jours, et la première semaine est un essai gratuit. Chaque dimanche, vous recevez un bilan de la semaine qui vous indique ce qui a été travaillé et où en est votre enfant. Le tuteur peut être changé si le courant ne passe pas. Deux formules existent : dédiée, un tuteur pour un élève, et alternée, un tuteur pour deux élèves.

Si vous hésitez, commencez par le bilan initial. Même s'il ne débouche sur rien, au moins vous saurez ce qui bloque.

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