« Je n'en ai pas besoin. » « Je vais m'y mettre. » « Laisse-moi tranquille. » Si vous avez déjà tenté d'aborder le soutien scolaire avec votre adolescent, vous connaissez ces réponses. Très peu d'élèves sont demandeurs au départ, mais certains le deviennent ensuite.
Ce refus ne dit rien de sa volonté ni de ses capacités. À 13, 15 ou 17 ans, accepter de l'aide précisément là où l'on se sent le plus fragile demande quelque chose que peu d'adultes feraient de bon cœur. Votre rôle est de rendre l'idée acceptable. Cela prend souvent plusieurs conversations et demande un peu de patience.
Ce que son refus veut dire
Derrière un même « non », les raisons sont très différentes, et chacune appelle une réponse différente.
« Je ne veux pas d'une heure de plus à me sentir nul. »
Pour lui, travailler rime avec humiliation. Il revoit les mains qui se lèvent partout autour de lui et le devoir rendu barré de rouge. Rajouter une heure, c'est surtout s'exposer une fois de plus. Ce qui le rassure, c'est de savoir qu'il aura un seul adulte en face de lui, sans classe ni public, et qu'on commencera par quelque chose qu'il sait déjà faire.
« Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? »
Il le vit comme une punition, et c'est presque toujours ainsi quand la décision tombe le soir du bulletin. Il faut alors lui montrer clairement qu'on ne lui reproche pas ses notes, mais qu'on veut simplement éviter qu'il reste seul devant son travail.
« Et si on l'apprend au lycée ? »
Derrière la question, il y a le plus souvent la peur du regard des autres, même si ce n'est pas ce qu'il dit en premier. Là, il a besoin d'une réponse très concrète sur qui sera au courant et qui ne le sera pas.
« Personne ne m'a demandé mon avis. »
Ce qu'il refuse, c'est d'avoir été mis devant le fait accompli. C'est souvent le plus simple à dénouer, parce qu'il suffit de lui rendre une part de la décision.
« De toute façon je suis nul en maths. »
Là on frise avec le renoncement et discuter du principe ne mène nulle part. Ce qui débloque parfois les choses, c'est de viser tout petit et très précis, un chapitre ou un type d'exercice plutôt que la moyenne. Et il faut rester attentif, parce que si ce découragement déborde largement du scolaire, alors le vrai sujet n'est plus uniquement le soutien.
Le refus de l'aide extérieure et le rapport au travail scolaire sont deux sujets voisins sans être identiques. Si le problème tient d'abord à l'envie de travailler, notre page sur ce qu'on peut faire quand il ne travaille plus distingue trois situations qui n'appellent pas les mêmes réponses.
Ce qui ne marche pas
Imposer sans expliquer
L'inscription annoncée comme un fait accompli produit une présence de corps sans engagement. La séance a lieu mais il ne s'y passe rien.
Présenter l'accompagnement comme une sanction
« Puisque c'est comme ça, tu vas prendre des cours. » La phrase installe pour des mois l'idée que travailler est une peine à purger.
En faire un sujet de négociation permanent
Y revenir chaque jour transforme le sujet en bras de fer. Mieux vaut une conversation posée, puis un silence assumé.
Le décider dans un moment de crise
Le soir du bulletin ou d'un contrôle raté, tout ce qui est dit est entendu comme un reproche. Attendez quarante-huit heures, la décision sera la même mais l'accueil sera différent.
Comment en parler
Le moment
Un moment neutre, sans enjeu, de préférence côte à côte plutôt que face à face : en voiture, en marchant, en rangeant les courses. Pas devant ses frères et sœurs, pas juste avant ni juste après un devoir. Cinq minutes peuvent suffire à ouvrir le sujet, à le laisser réagir et à refermer la conversation. La suite se joue à la conversation d'après.
Les mots
Quelques formulations que vous pouvez reprendre telles quelles :
- « Je ne te demande pas d'être d'accord maintenant. Je te demande de m'écouter deux minutes, et ensuite tu me dis ce que tu en penses. »
- « Ce n'est pas une punition, et ce n'est pas lié à ton bulletin. »
- « Je ne pense pas que tu n'en fasses pas assez. Je pense que tu es seul face à ça, et que c'est difficile tout seul. »
- « Qu'est-ce qui te dérange le plus dans l'idée ? », puis vous vous taisez, même si le silence dure.
- « On essaie une semaine. Si ça ne te va pas, on arrête, ou on change de professeur. C'est toi qui le diras. »
- « Personne au collège n'a besoin de le savoir. Ça se passe ici, à la maison. »
Ce qu'il vaut mieux éviter de dire : « c'est pour ton bien », « à ton âge, moi… », « on fait des efforts pour toi ». La première ferme la discussion, la deuxième la déplace sur vous, la troisième installe une dette.
Lui laisser une part de la décision
Un adolescent accepte plus facilement ce qu'il a contribué à choisir. Et plus de choses sont négociables qu'on ne le croit.
Ce qui peut se négocier :
- le créneau : un soir plutôt qu'un autre, avant ou après le sport, et pas sur ce qui compte vraiment pour lui ;
- la matière prioritaire : même s'il choisit celle où il est le moins en difficulté, mieux vaut commencer là où il se sent capable plutôt que d'attaquer le point noir ;
- la durée d'essai : une semaine pour voir, sans avoir à se prononcer sur la suite ;
- le tuteur : si le courant ne passe pas, on en change, et il peut le dire sans avoir à se justifier ;
- ce qu'il en dit autour de lui : c'est son affaire, pas la vôtre.
Ce qui ne se négocie pas : le fait d'essayer, et d'être présent et disponible pendant la période d'essai. Une séance suivie à moitié, téléphone à la main, ne permet de juger de rien. Dites-le clairement : « Tu as le droit de dire non après mais pas sans avoir vu. »
Si le refus persiste
Il arrive qu'après tout cela, la réponse reste non. Vous pouvez accepter d'attendre, en posant une échéance plutôt qu'en laissant le sujet ouvert. « On en reparle après les vacances. ». Entre-temps, on n'en parle plus. Un tiers (professeur principal, adulte de la famille dont il est proche) fait parfois passer un message qui ne passe pas quand c'est vous qui l'énoncez.
Certains signes, en revanche, sortent du champ scolaire. S'il ne veut plus du tout aller en cours, s'il s'isole, dort mal, a cessé les activités qu'il aimait, paraît durablement triste ou tient des propos inquiétants sur lui-même, n'attendez pas d'avoir trouvé la bonne formulation. Parlez-en à votre médecin traitant, au psychologue de l'Éducation nationale ou à l'infirmerie de l'établissement. Le soutien scolaire n'est pas la réponse à ces situations, et nous ne prétendons pas les traiter.
Ce qui, chez nous, aide à faire accepter l'essai
Méthode Aristote accompagne les élèves de la 6e à la terminale, entièrement en visioconférence. La séance a lieu à la maison : pas de trajet, pas de salle d'attente, personne à croiser, et personne au collège ou au lycée n'a à en être informé. Pour un adolescent dont le premier obstacle est le regard des autres, c'est souvent ce qui débloque la discussion.
Chaque semaine, votre enfant a une heure de cours avec un tuteur attitré (le même d'une semaine sur l'autre, ce qui compte quand on a mis du temps à accepter quelqu'un) et une heure de séance supervisée pendant laquelle il travaille seul, encadré. L'accompagnement commence par un bilan initial, le démarrage intervient sous sept jours, et vous recevez chaque dimanche un bilan de la semaine écoulée.
Deux éléments comptent particulièrement ici. La première semaine d'essai est gratuite pour que vous puissiez lui proposer d'essayer sans rien lui demander d'autre, ce qui rend le « oui » beaucoup plus facile à donner. Et le changement de tuteur est possible s'il ne se sent pas à l'aise avec lui.
Si vous hésitez sur la manière d'en parler chez vous, le bilan initial sert aussi à cela. Nous pouvons en discuter avant que vous n'en parliez avec lui.
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