Le soutien scolaire est-il vraiment efficace ?

Il fonctionne dans certaines conditions et échoue dans d'autres : voici lesquelles, pour décider en connaissance de cause.

Si vous cherchez à savoir si le soutien scolaire « marche », vous trouverez sans difficulté des pages qui répondent oui. Nous sommes un organisme de soutien scolaire, et nous allons vous répondre autre chose. Cela dépend de facteurs assez précis pour qu'on puisse les nommer un par un.

L'efficacité du soutien scolaire dépend surtout d'une situation, d'un élève donné, d'une difficulté donnée à un moment donné et de conditions données. Le même nombre d'heures peut débloquer un trimestre chez un élève et rester sans effet chez un autre. Elle se construit à partir de ces éléments, autant qu'elle repose sur le travail du professeur.

Cette page décrit ce que le soutien scolaire peut faire, ce qu'il ne peut pas faire, et les conditions qui font basculer d'un côté ou de l'autre. Elle contient volontairement les cas dans lesquels nous vous dirions de ne pas commencer.

Ce que le soutien scolaire peut faire

Combler une lacune identifiée

C'est le cas le plus net. Un élève de seconde qui décroche en mathématiques parce que le calcul fractionnaire n'a jamais été solide peut reprendre ce point précis, hors du rythme de la classe, jusqu'à ce qu'il soit acquis. Encore faut-il l'avoir identifié : « il est mauvais en maths » n'est pas un diagnostic.

Installer une méthode de travail

Beaucoup d'élèves travaillent, mais mal. Ils relisent au lieu de se tester, apprennent la veille, ne savent pas à quoi ressemble une fiche utile. Reprendre cela avec quelqu'un, chaque semaine, produit souvent plus d'effets que des heures de contenu supplémentaire.

Préparer une échéance

Un brevet, un bac, une spécialité à sécuriser. L'objectif est défini, la date est connue, le travail peut être organisé à rebours.

Restaurer la confiance

Un élève qui a intégré qu'il « n'est pas fait pour ça » ne se remet pas au travail par décision. Il s'y remet quand il réussit quelque chose qu'il croyait hors de portée. Ce point est moins mesurable que les autres, mais il précède souvent tout le reste.

Ce qu'il ne peut pas faire

C'est la partie que nous préférons dire avant, plutôt qu'au bout de trois mois.

Remplacer le travail personnel

Une ou deux heures par semaine avec un professeur ne remplacent pas les heures de travail de l'élève. Elles les rendent plus efficaces. Si personne ne travaille entre les séances, il ne se passera à peu près rien, quel que soit l'organisme.

Compenser une organisation de vie intenable

Un adolescent qui dort cinq heures par nuit, dont les journées sont saturées, ou dont le téléphone occupe tout le temps disponible, ne progressera pas parce qu'on lui ajoute une séance de soutien scolaire. La première chose à traiter est alors ailleurs.

Résoudre un problème qui n'est pas scolaire

Un mal-être, une situation de harcèlement, un conflit familial, un trouble de l'apprentissage non diagnostiqué sont des difficultés qui peuvent se manifestent par des notes, mais qui ne se traitent pas par des cours. Le bon interlocuteur est alors le médecin traitant, l'infirmerie ou le service de santé de l'établissement, un psychologue, ou un professionnel du bilan orthophonique ou neuropsychologique. Un accompagnement scolaire peut venir ensuite, ou en parallèle. Pas à la place.

Produire un résultat quand l'élève n'a rien accepté

Un élève inscrit contre son gré, qui subit les séances, en tire rarement quelque chose. Cela ne veut pas dire qu'il doit être enthousiaste, très peu le sont au départ. Cela veut dire qu'il doit avoir donné un accord minimal pour essayer. Nous avons consacré une page à cette question : votre ado refuse d'être aidé.

Les quatre conditions qui font la différence

Si vous ne deviez retenir qu'une chose de cette page, ce serait cette liste. Quand l'une de ces conditions manque, c'est presque toujours là que ça bloque.

1. La régularité, sur la durée. Un rendez-vous hebdomadaire tenu pendant plusieurs mois n'a pas le même effet qu'une série de séances intensives avant un contrôle. Les apprentissages se consolident par répétition espacée, et non par accumulation ponctuelle. Un trimestre peut être une unité de temps raisonnable pour juger.

2. Le ciblage sur ce qui bloque vraiment. Refaire le cours de la semaine est confortable et souvent inutile. Mais ce qui compte, c'est d'identifier le point exact où la compréhension s'arrête (parfois deux niveaux en arrière) et de travailler ce point. Cela suppose un vrai temps de diagnostic au démarrage, puis des ajustements.

3. Le travail entre les séances. C'est la condition la plus fréquemment absente, et la plus déterminante. L'élève doit savoir quoi faire entre deux rendez-vous, et le faire. Quand ce travail n'a pas lieu, chaque séance recommence à zéro. C'est pourquoi un dispositif qui laisse ce temps entièrement à la charge de la famille prend un risque important.

4. L'adhésion de l'élève. Elle se construit et passe le plus souvent par la relation avec l'adulte qui l'accompagne. Un élève qui n'accroche pas avec son professeur n'apprendra pas grand-chose de lui. C'est une raison suffisante pour changer d'interlocuteur.

Comment savoir si ça marche, dans votre cas

Les notes sont un indicateur tardif et bruité qui dépendent du barème, de la difficulté du contrôle, du chapitre. Elles peuvent stagner alors que quelque chose a déjà changé, et monter pour de mauvaises raisons. Regardez plutôt ce qui les précède.

Au bout d'un mois, trois signes valent d'être observés. Votre enfant sait dire ce qu'il n'a pas compris, pas « je comprends rien », mais « je ne sais pas quand on utilise cette formule ». Il s'installe pour travailler sans qu'on le lui demande trois fois. Il reprend un exercice raté au lieu de tourner la page. Ce sont des changements de comportement qui ne se traduisent pas forcément encore par des résultats.

Au bout d'un trimestre, les changements devraient être plus stables. Il anticipe les échéances au lieu de les découvrir, il pose des questions en classe, il n'évite plus la matière. À ce stade, les évaluations commencent normalement à refléter ce travail.

Si, au bout d'un trimestre, aucun de ces signes n'apparaît, il faut poser la question franchement à l'organisme : qu'est-ce qui n'a pas fonctionné, et faut-il continuer ?

Les questions à poser avant de vous engager

  • Qui fera cours à mon enfant, et sera-ce la même personne chaque semaine ?
  • Que se passe-t-il si le courant ne passe pas avec cette personne ?
  • Comment le contenu des séances est-il décidé, et sur quel diagnostic de départ ?
  • Que fait mon enfant entre deux séances, et qui vérifie que c'est fait ?
  • Quelles informations vais-je recevoir, et à quelle fréquence ?
  • Sur quelle durée travaillons-nous avant de faire un point sérieux ?
  • Que me direz-vous si, au bout de deux mois, il ne se passe rien ?

Une réponse honnête à la dernière question en dit plus long que tout le reste.

Ce que nous avons mis en place chez Méthode Aristote

Notre organisation découle directement des quatre conditions ci-dessus. Nous n'affirmons pas qu'elle convient à tous les élèves.

Tout se déroule en visioconférence, de la 6e à la terminale. Chaque semaine, l'élève a une heure de cours avec un tuteur attitré (le même d'une semaine sur l'autre, parce que la relation est fondamentale) et une heure de séance supervisée pendant laquelle il avance seul sur son plan de travail, encadré. Cette deuxième heure est notre réponse à la troisième condition, celle du travail entre les séances. Des activités en autonomie complètent la semaine.

Le parcours commence par un bilan initial, pour cibler ce qui bloque réellement, et le démarrage intervient sous sept jours. Chaque dimanche, vous recevez un bilan de la semaine qui vous indique ce qui a été travaillé, ce qui progresse, ce qui fonctionne moins. C'est notre réponse à « comment savoir si ça marche ».

La première semaine est une semaine d'essai. Le changement de tuteur est possible à tout moment, sans justification à fournir. Deux formules existent : dédiée, avec un tuteur pour un élève, ou alternée, avec un tuteur pour deux élèves.

Si, après avoir lu cette page, vous pensez que la difficulté de votre enfant n'est pas d'abord scolaire, commencez par là. Nous serons toujours là ensuite.

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