Beaucoup de parents découvrent l'existence des aménagements d'examens trop tard, parfois quelques semaines avant le brevet ou le baccalauréat, quand la date limite est passée depuis des mois. C'est dommage, parce que ces aménagements existent précisément pour que le trouble de votre enfant ne le pénalise pas le jour de l'épreuve. Cette page explique qui peut en bénéficier, comment et quand déposer la demande, et surtout ce que le tiers temps change réellement pour un candidat.
Ce que le tiers temps change dans une journée d'épreuve
Une épreuve de quatre heures devient une épreuve de cinq heures vingt. C'est une bonne nouvelle et une contrainte, parce qu'une journée de composition longue se prépare. Le candidat compose souvent dans une salle à part, avec d'autres élèves aménagés, ce qui modifie l'ambiance et parfois le rythme des surveillances.
Le temps supplémentaire sert à relire et à finir. Un élève qui n'a pas de méthode de relecture ne l'utilise pas et sort en avance, ce qui arrive plus souvent qu'on ne le croit. Un élève qui a appris à découper son temps par question s'en sert vraiment.
La fatigue devient un facteur réel. Cinq heures vingt de concentration ne se tiennent pas sans avoir été entraînées, et deux épreuves majorées dans la même journée demandent d'avoir prévu de quoi manger et boire.
Les aménagements que peu de parents demandent
Le tiers temps est le plus connu, il est loin d'être le seul. Selon le trouble peuvent être accordés la composition sur ordinateur, l'agrandissement des sujets, la présence d'un secrétaire qui écrit sous la dictée du candidat, l'assistance d'un lecteur, l'usage d'une calculatrice simple, une salle séparée, des pauses aménagées, ou la conservation des notes d'une session à l'autre.
Les consignes de correction peuvent également prévoir de ne pas sanctionner l'orthographe dans les matières où elle n'est pas l'objet évalué. Il vaut la peine d'examiner cette liste avec le médecin, parce qu'un aménagement non demandé n'est jamais accordé.
Qui peut en bénéficier
Les aménagements d'examens s'adressent aux candidats dont un trouble ou un handicap justifie une compensation, par exemple les élèves dys, les élèves présentant un trouble de l'attention, ou les élèves en situation de handicap reconnue. Ce qui a été accordé en classe par un plan d'accompagnement personnalisé ou un projet personnalisé de scolarisation prépare le terrain de la demande.
Un plan facilite la démarche sans être obligatoire pour déposer une demande. Il n'ouvre pas non plus le droit automatiquement, puisque la demande d'examen suit son propre circuit. Si ces sigles ne sont pas clairs, la page PAP, PPS, PPRE, les différences fait le point.
La demande, étape par étape
La demande ne se dépose pas directement au rectorat par la famille seule. Pour un candidat sans dispositif déjà en place, elle passe par un circuit médical. Un médecin désigné par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées examine la situation et rend un avis assorti de propositions d'aménagements. C'est ensuite le recteur, qui organise l'examen, qui décide, en s'appuyant sur cet avis sans être tenu de le suivre.
Si votre enfant bénéficie déjà d'un plan assorti d'un avis médical, une procédure simplifiée s'applique. L'équipe pédagogique donne son appréciation et le dossier part directement à l'autorité administrative. Concrètement, l'établissement vous remet le dossier à constituer, vous y joignez les bilans et les éléments médicaux, et vous le déposez dans les délais.
Un conseil de méthode. Demandez que les aménagements soient formulés en termes opérationnels, par exemple une durée majorée et la composition sur ordinateur, plutôt qu'en termes généraux. Un avis précis se traduit plus facilement en décision applicable le jour de l'épreuve.
Le calendrier à ne pas rater
C'est le point sur lequel se jouent le plus d'occasions manquées. La demande se dépose bien plus tôt qu'on ne l'imagine, dès l'année qui précède l'examen, et au plus tard à la clôture des inscriptions.
Pour le brevet, cela veut dire la classe de quatrième. Pour le baccalauréat, cela veut dire l'année qui précède la première épreuve, donc la seconde si l'on vise les épreuves anticipées de français. Attendre l'année de l'épreuve revient à prendre le risque d'un dossier hors délai.
Les dates exactes varient d'une académie à l'autre. L'établissement les connaît, et c'est la première question à poser au professeur principal en début d'année.
Brevet et baccalauréat, ce qui change
Le principe est le même pour les deux examens, l'organisation diffère dans le détail. Au brevet, les épreuves sont concentrées sur deux jours, ce qui rend la question de la fatigue centrale. Au baccalauréat, les épreuves sont réparties sur deux années, et des dispenses ou adaptations propres aux langues vivantes s'y ajoutent pour les candidats présentant un trouble du langage écrit.
Dans les deux cas, les aménagements accordés doivent être cohérents avec ce qui a été mis en place pendant la scolarité. C'est une raison de plus de formaliser tôt les adaptations en classe, sujet traité sur les aménagements dyslexie au collège.
S'entraîner avec son aménagement
Un aménagement accordé et jamais utilisé ne sert à rien le jour de l'épreuve. Trois entraînements valent la peine d'être organisés dans l'année.
Composer une fois en conditions réelles avec le temps majoré, pour savoir ce que représentent cinq heures vingt. Écrire sur ordinateur pendant plusieurs mois avant l'examen si cet aménagement est demandé, parce qu'un clavier mal maîtrisé ralentit au lieu d'accélérer. Et travailler une méthode de relecture, faute de quoi le temps supplémentaire se transforme en attente.
Les épreuves blanches de l'établissement sont l'occasion naturelle de ces essais. Il suffit de demander qu'elles soient passées avec les aménagements prévus.
Ce que le tiers temps ne répare pas
Un aménagement compense un obstacle, il ne remplace pas les connaissances. Un élève qui n'a pas révisé aura simplement plus de temps pour s'en rendre compte. Il ne corrige pas davantage un problème d'organisation ou de méthode, qui se travaille pendant l'année.
Il vaut aussi la peine de préparer l'adolescent à l'idée de composer à part. Certains refusent l'aménagement pour ne pas se distinguer, et ce refus se traite mieux en en parlant tôt qu'en le découvrant la veille.
En cas de refus ou de délai dépassé
Un refus est motivé et peut faire l'objet d'un recours auprès de l'autorité qui a pris la décision. Un dossier déposé hors délai n'est recevable qu'à titre exceptionnel, et aucune seconde chance ne se promet. C'est précisément pourquoi le calendrier compte plus que tout le reste.
Comment nous préparons un élève à composer avec son aménagement
L'heure de travail supervisé hebdomadaire est l'endroit où ces gestes s'installent, découpage du temps par question, méthode de relecture, entraînement à la saisie au clavier. L'élève garde le même professeur, ce qui permet de voir ce qui se passe réellement pendant une épreuve longue. Pour une vue d'ensemble, voyez notre guide des parents.
Questions fréquentes
Le tiers temps est-il automatique avec un PAP ? Non. Le plan facilite le dossier, la demande d'examen suit un circuit propre et se décide séparément.
Peut-on demander un tiers temps sans aucun dispositif en classe ? Oui, la demande passe alors par le médecin désigné, avec les bilans à l'appui.
Le tiers temps figure-t-il sur le diplôme ? Non. Le diplôme ne porte aucune mention des aménagements.
Peut-on refuser un aménagement accordé ? Oui, le candidat n'est pas tenu de l'utiliser. Mieux vaut en discuter avant l'épreuve que le jour même.
Faut-il refaire la demande pour chaque examen ? Oui. La demande vaut pour un examen donné, elle se renouvelle pour le suivant.
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